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Les gestes qui sauvent

La loi interdit l'usage, la détention, le transport et le trafic de la plupart des drogues. Les informations que nous diffusons s'inscrivent dans la politique de Santé appelée Réduction des Risques et ne sont en aucun cas une incitation à la consommation de produits illicites. Informer ne nuit pas à la Santé !

SNIFF INJECTION POUSSIERES ABCES

Le sniff propre
Plusieurs substances psychoactives sont sniffées non sans risques pour les narines mais cette pratique peut aussi transmettre certaines maladies :
• Débouchez vous correctement les narines avec un mouchoir ou un pulvérisateur décongestionnant.

• Ecrasez méticuleusement le produit et tamisez-le jusqu'à obtenir une poudre la plus fine possible : cela vous évitera ainsi que des grains de poudre ne se forment et vous abîment les muqueuses.

Ne partagez jamais votre paille avec des amis. Certaines maladies peuvent se transmettre par ce moyen (en particulier les hépatites B et C, le VIH...). Utilisez ainsi une paille personnelle.

• Rincez vous le nez environ 10 minutes après avoir sniffé. Il faut irriguer vos muqueuses déshydratées. Une partie de la poudre reste coincée dans les poils du nez et irrite ainsi les muqueuses et peut provoquer saignements de nez, nécroses, perforation de la voie nasale... Attention, la gorge aussi subit l'action corrosive de la poudre. Il est très conseillé de se rincer la gorge par un gargarisme.

• Si vous êtes sujet à de fréquents saignements de nez, il faut consulter rapidement un médecin.

• Trop sniffer risque d'endommager votre odorat !

Le sniff ne vous préserve pas des overdoses. Faite attention à vous !


L’injection par voie intraveineuse est le mode de consommation le plus risqué
Les virus du sida et des hépatites peuvent être au rendez-vous, les poussières et les abcès également.

Les hépatites B et C se transmettent très facilement lors d’une injection avec du matériel souillé :
Cela est dû à la virulence de ces virus, et au fait que l’injection constitue la voie « royale » pour transmettre un virus qui circule dans le sang.

Si on se rappelle que le VIH/sida se transmet facilement lors d’une injection réalisée dans de mauvaises conditions, on peut se dire que l’hépatite C se transmet 10 fois plus facilement, et l’hépatite B 100 fois mieux...

Aujourd’hui, la plupart des usagers de drogues injectables savent qu’il ne faut pas utiliser une seringue à plusieurs. Pourtant, les contaminations par l’hépatite C continuent de se produire. On pense que 80 % des usagers de drogues injectables sont porteurs du VHC (virus de l’hépatite C), et que la contamination se fait le plus souvent au cours des deux premières années de toxicomanie.

En fait, avoir sa propre seringue ne suffit pas. Il est nécessaire que tout le matériel servant à l’injection soit strictement individuel :
la cuillère avec laquelle on prépare le mélange.

la préparation qu’on injecte (avec du citron ou de l’acide citrique) : si plusieurs personnes « pompent » le même mélange, les virus vont se diffuser d’une seringue à l’autre.

le coton qui sert de filtre ou avec lequel on désinfecte la peau. Récupérer le coton pour diluer la drogue restante est dangereux si il a été en contact avec la seringue d’une autre personne, l’eau de rinçage de la seringue.

On trouve en pharmacie des kits tout prêts, appelés STERIBOX, STERICUP, STERIFILT, bon marché et en vente libre, qui contiennent tout le matériel nécessaire à une injection propre.

Dans l’idéal, le matériel d’injection doit être à usage unique. Lorsque c’est impossible, l’eau et le filtre doivent être neufs, et tout le matériel solide (seringue, aiguille, cuillère) doit être désinfecté avec de l’eau de Javel (au minimum, 3 rinçages à l’eau de Javel, puis 3 rinçages à l’eau claire et propre, au mieux trempage de 10 minutes dans de l’eau de Javel diluée à 10 % suivi de plusieurs rinçages abondants à l’eau propre).

L’usage de matériel neuf permettra non seulement de prévenir une infection par le VIH et les hépatites, mais aussi les abcès ou les « poussières ».

La vaccination contre l’hépatite B est indispensable.

Certains disent que les virus ne résistent pas beaucoup à l’air libre (hors du corps humain).Beaucoup plus que le VIH, les virus des hépatites B (VHB) et C (VHC) sont très résistants à l’air libre jusqu’à 1 semaine pour le VHB, jusqu’à 4 jours pour le VHC et quelques minutes pour le VIH

Précautions d'usage

Citron
Entamé, le citron devient un nid à bactéries. Utilisez de préférence l’acide citrique ou ascorbique (quelques grains suffisent, dissolvez bien toutes les particules). N'utilisez jamais un citron entamé ou du vinaigre! (Le vinaigre est un vin fermenté)
Eau
Utilisez de l’eau stérile ou de l’eau minérale (l’eau du robinet doit être bouillie). Ne la pompez pas dans le même récipient que vos voisins : une seringue qui a déjà servi peut contaminer (VIH, hepatites..)l’ensemble du contenu par simple contact de l’aiguille.
Cuillère
Désinfectez régulièrement à l’eau de javel les récipients servant à préparer et à chauffer le mélange. Ne partager pas votre cuillère
Coton
Ne partagez pas les filtres, cotons (VIH, hepatites...). Utilisez un filtre neuf à chaque injection. Si vous le confectionnez vous-même, lavez-vous les mains auparavant, car le fait de rouler les fibres de coton entre les doigts suffit à les charger de bactéries ou de virus.
Ne shooter pas des cotons et surtout ne gardez pas ceux-ci dans des boîtes hermétiques, ne sucez pas l'aiguille! (la bouche regorge de germes)
Tampon
Désinfectez vos doigts et le point d’injection avec un tampon alcoolisé. Utilisez des tampons et non vos doigts pour presser le point d’injection : si le doigt est sale, ce contact avec le sang ouvre un passage aux virus et bactéries. À l’inverse, la goutte de sang peut contenir des virus qui vont rester sur le bout du doigt et contaminer le prochain objet touché
Seringue
Utilisez une seringue neuve pour chaque injection.

Comment désinfecter une seringue :
Décontamination d'une seringue à l'eau de javel : le mode d'emploi animé d'une procédure exceptionnelle et en dernier recours pour réduire les risques de transmission (cliquez sur l'image)





Poussière
• Comment l’éviter ?
Contrairement à ce que l’on pourrait croire, une poussière n’a rien à voir avec le grain qui porte le même nom. Il s’agit d’une bactérie introduite dans l’organisme à la suite d’une injection, ou d’une allergie à un composant du produit injecté. La bactérie provoque une infection du sang (septicémie). Elle peut également affaiblir l’organisme au point de déclencher d’autres maladies (mycoses, endocardites, complications pulmonaires). Citrons entamés, cotons réutilisés, cuillères non désinfectées, doigts sales, tous sont porteurs de millions de bactéries susceptibles de provoquer des poussières.

• Pour limiter les risques, shootez propre.
Que faire en cas de poussière ?
Dès les premiers symptômes, prenez de l’aspirine ou du paracétamol, et en cas de douleurs aiguës, un suppositoire de Viscéralgine. Restez couché au chaud et au calme. En principe, la phase aiguë (maux de tête, frissons, fièvre, vomissements) ne dure pas plus de quelques heures. Si les symptômes persistent au-delà de 4 heures, appelez sans plus tarder un médecin qui prescrira des antibiotiques, ou bien rendez-vous aux urgences de l’hôpital le plus proche sans taire les circonstances qui ont précédé l’apparition de la fièvre.
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Abcès
• Comment les éviter ?
Les abcès ne sont pas forcément une fatalité ! Un shoot propre permet d’éviter les abcès dus aux bactéries ou aux corps étrangers (fibres de coton ou du filtre à cigarettes…).
En cas d’injection de comprimés, la mixture doit être filtrée très soigneusement. Mais attention, il restera toujours des particules, invisibles à l’œil nu, pouvant détruire les veines et provoquer des abcès s’infectant presque à tous coups. Les abcès ne doivent pas être négligés. Ils peuvent s’aggraver et causer une gangrène, ou une septicémie qui peut dans certains cas être mortelle.

N’injectez jamais dans les mains (quel que soit le produit), les veines sont trop petites et les produits provoquent des réactions inflammatoires importantes dont les conséquences peuvent être graves.

• Que faire en cas d’abcès ?
En cas de shoot ayant provoqué un œdème ou une inflammation sans plaie apparente, appliquez sur le point d’injection une compresse imbibée d’Hexomédine ou d’alcool que vous changerez régulièrement jusqu’à résorption de l’enflure.
Pour un abcès déjà formé (48 heures ou plus), ou avec une plaie apparente, une seule solution : le médecin. Selon l’état de l’abcès, il vous prescrira un traitement à base d’antibiotiques, ou bien incisera et drainera l’abcès.
N’appuyez pas sur un abcès, ou n’essayez pas de le masser, vous ne feriez que l’irriter et diffuser le pus. Surtout, ne l’incisez pas vous-même, cela aggraverait les choses. Enfin, ne prenez jamais d’antibiotique sans l’avis d’un médecin, car le traitement utilisé risque d’être inefficace vis-à-vis de votre infection qui, bien que masquée, continuera durant ce temps à s’aggraver.
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